Portrait de l’Homéopathie

Publié le 11 Mai 2014

On demande souvent :

Oui, mais qu’est-ce que cette homéopathie ? Comment fonctionne-t-elle ? D’où vient vraiment cette médecine ? Comment est-elle fabriquée ? Comment peut une goutte de, un granule de, un nom de plante plutôt qu’un autre nom de plante, soigner une personne entière ? Tour d’horizon.

La loi de similitude

L’homéopathie a été crée au début du 19e siècle par le médecin allemand Samuel Hahnemann. Mais Hippocrate déjà, 5 siècles avant notre ère, avait évoqué le principe: « les semblables sont guéris par les semblables ».

Une des bases de l’homéopathie est bien la loi de similitude. Elle a souvent été simplifiée, résumée par « guérir le mal par le mal » . Ce n’est pas cela exactement, on soigne une maladie avec le remède capable de produire sur la personne des symptômes semblables à ceux de la maladie à combattre. Par exemple, l’insomnie peut être améliorée par Coffea, le café. Le café, stimulant du cerveau, provoque une surexcitation du cerveau, de l’insomnie.. Certaines inflammations aiguës, douleurs piquante et brûlantes, surtout si elles provoquent une rougeur, certaines angines par exemple, seront soignées par Apis Mellifica, le venin d’abeille. Parce que le venin d’abeille provoque ce genre de symptômes. L’Opium provoque, dans sa substance brute, un certain « décrochement », met dans un état assez proche du sommeil. Il est donné, en dilution homéopathique, aux nourrissons qui s’endorment trop facilement pendant la têtée, à des personnes âgées ayant tendance à la somnolence. Il aide à rester bien éveillé un soir de fatigue où l’on tient à aller à une conférence. L’Ipéca déclenche des nausées, des vômissements. En dilution homéopathique, cette plante soulagera les mêmes maux, mais provoqués par une indigestion, par le mal des transports.

Inimitable Matière Médicale

Lorsque l’on trouve le remède qui nous convient, on dit que l’on « est » ce remède, c’est cela la parfaite loi de similitude, il y a « simile ». On est Sepia si l’on déprimé, indifférent à tout, Ignatia si l’on est capricieux, avec des états nerveux imprévisibles, Lachesis si l’on est foncièrement jaloux, même sans raison, si l’on parle beaucoup, le soir surtout, si l’on a des problèmes circulatoires, si l’on ne supporte rien de serré autour du cou. Un élément très poétique de l’homéopathie est « la Matière Médicale » dictionnaire de tous les remèdes et des symptômes qui leur correspondent. Chaque remède forme une véritable fresque, saisissante de vérité humaine. On retrouve toutes les tendances, les faiblesses, les détresses, les interrogations de l’être humain.

Lorsque Hahnemann commença ses recherches, une plante parée de toutes les vertus venait de faire une entrée triomphante en Europe: le quinquina. Elle soignait le paludisme, faisait baisser la fièvre, avait une action stomachique. On ne savait pas pourquoi, comment, exactement, mais Hahnemann, expérimentateur né, voulait savoir. « Pour connaître ce qu’un médicament peut produire sur un malade, sachons d’abord ce qu’il peut produire sur un individu en bonne santé » , écrit-il. Il expérimenta sur lui-même. La quinine n’eut pas un effet bénéfique. Lui qui avait souffert de paludisme quelques années auparavant eut le rappel de ses crises. Il expérimenta d’autres plantes, d’autres matières. Il s’aperçut que des ouvriers manipulant le souffre, que des matelots manipulant le mazout, étaient couverts de dermatoses, et se trouvaient guéris par des doses infinitésimales de Sulfur ou de Petroleum, souffre et pétrole. La loi de similitude était née.

Hahnemann, après avoir publié un livre appelé « Un nouveau principe » écrivit en 1810 son fameux « Organon de l’art de guérir ». C’est lui qui donna un nom à cette médecine: homéopathie, du grec « homoios » semblable, et « pathos » souffrance. Deux ans après il enseignait « son » homéopathie à l’université de Leipzig.

L’infinitésimal, la dynamisation

Partant du principe qu’il était important d’ éviter tout effet secondaire avec les médicaments, Hahnemann diluait toujours ses produits. Il se servait d’une technique d’agitation très personnelle: agiter la bouteille du remède et la cogner une dizaine de fois contre un livre à couverture de cuir. Toute l’homéopathie repose sur cette dynamisation. En ce qui concerne la dilution, et surtout les hautes dilutions, les initiés en chimie ont omis une objection: la barrière que représente le nombre d’Avogadro. Lorsque l’on dépasse un certaine stade, 10-23 il n’y a plus de molécules, c’est-à-dire que le solvant ne contient plus de molécules de la souche. Et un remède de 30 CH -Centésimale Hahnemannienne- se place à 10-60. Cela fut un argument anti-homéopathique pendant longtemps. Il y avait donc placébo. Cela rejoignait les atteintes affirmant que l’homéopathique était « psychologique » - L’argument de défense était d’ailleurs, et l’est toujours : « Et les enfants, et les animaux, eux qui réagissent si bien à l’homéopathie, est-ce psychologique? « « Ce n’est pas un placebo » , a répondu un article fait à la suite d’expériences précises, et paru dans « The Lancet » journal scientifique anglais de très haute réputation. Pour la première fois on accueillait une expérimentation à partir d’un remède homéopathique. Il s’agissait là de Pollen 30 CH qui aide à soigner l’allergie. Sur 144 patients allergiques, souffrant de rhume des foins, traités en milieu hospitalier, la moitié recevait un placebo, l’autre Pollen 30 CH. Le résultat, statistiquement, était probant en faveur des patients ayant reçu le principe actif. C’était une première reconnaissance publique de l’homéopathie.

« Tromper la cellule »

Autre point très très important, et peut-être le plus spécifique de l’homéopathie, Hahnemann l’a dit déjà dans son Organon: « l’homme est capable d’auto-régulation ». Dans d’autres médecines on n’en tient pas compte, on pense que l’ homme n’est plus capable de se défendre lui-même, et on donne un médicament qui se substitue à sa capacité de réaction. Le médicament va tuer le microbe. On s’est beaucoup demandé comment agit le remède homéopathique. Il était dit, dans le passé, que le remède « trompait la cellule ».. Actuellement, après des expérimentations en dynamisation faites à partir de solution placebo et de substance active, l’homéopathie semble entrer dans une nouvelle phase. Le remède serait capable, par une activité électro-magnétique, de stimuler la capacité d’auto-régulation de l’être humain. Et de remettre, puisque nous avons tous une énergie vibratoire, toute cellule vibre, l’organisme en résonance avec ses propres fréquences.

Le droit à la différence

Dernier point, l’homéopathie est une médecine tout à fait individualisée. Pour une même maladie chez des personnes différentes, il pourra y avoir différents remèdes. Dans le cas de la même grippe dans une même famille, l’un aura mal dans les os, l’autre sera très abattu, un troisième, l’enfant par exemple, aura une petite température mais continuera à jouer. Le premier recevra Eupatorium, le deuxième Gelsemium, le troisième Ferrum phosphoricum. L’homéopathie tient compte du mode réactionnel de l’individu.

Et puis un même remède sera utile dans plusieurs maladies différentes, pour autant que l’on présente le même tableau. Bryonia, remède des séreuses et des muqueuses - les séreuses tapissent les organes- sera donné par exemple dans la méningite, oedème de la séreuse qui entoure le cerveau, tout comme dans la toux, puisqu’une séreuse entoure les poumons, dans certains problèmes abdominaux, le péritoine fait office de séreuse, dans les rhumatismes, puisqu’une séreuse se trouve dans les articulations.

On dégage également une typologie des malades, correspondant à des caractéristiques physiques, émotionnelles et mentales. Cette médecine se fonde sur trois types de constitutions -notre habitat!- d’où ressortent des portraits plus affinés. 1 : le carbonique: trapu, à ossature épaisse, aux articulations rigides. 2 : le phosphorique: de taille élancée, généralement mince, élégant et fragile. 3 : le fluorique: souplesse et élasticité des tissus et des ligaments, présentant une dentition irrégulière. On a coutume de dire: le carbonique pousse en largeur, le phosphorique en longueur, le fluorique de travers...

Et puis on tient compte des tempéraments. Personne ne souffre de la même façon, ne réagit de la même façon à un traitement. 4 tempéraments types sont dénombrés: les « lymphatiques » nonchalants, les « sanguins », colériques, impulsifs, les « bilieux » susceptibles, vite crispés, et les « nerveux » solitaires, intériorisés.

Reste le terrain. Un microbe oeuvre plus ou moins violemment suivant le terrain qui l’accueille. Ce terrain correspond donc à un parcours prévisible d’un état de santé vers la maladie. On l’appelle aussi diathèse. Trois ont été classées par Hahnemann: la psore, la sycose, la luèse. Le tuberculinisme a été ajouté récemment. Le psorique présente des manifestations aigües assez violentes. L’organisme est encrassé, bien que robuste. Le sycotique a tendance à la rétention, à la cellulite, aux verrues, l’organisme élimine mal. Le luétique a tendance à l’inflammation, à l’induration des tissus. Le tuberculinique a toujours une petite chose qui ne va pas, des petites fièvres qui trainent, ses défenses immunitaires sont mauvaises. -Cela n’a rien à voir avec la tuberculose, qui a pratiquement disparu dans nos pays-.Mais l’on peut penser que les grands tuberculeux du siècle passé avaient en base le tuberculinisme

Tout cet ensemble représente l’être humain que le médecin homéopathe aura devant lui.

La consultation homéopathique

La perception de l’homéopathie se fera sur la maladie et le malade, sur ce couple-là. Et la maladie et le malade posent des interrogations sur la vie. La santé n’est pas une entité mesurable. La maladie est la traduction d’un message d’homme en souffrance pour l’homéopathe. Derrière la lombalgie ou les problèmes de vésicule biliaire il va essayer de découvrir les petites altération émotionnelles, psychiques. Il entrera en radioscopie. Il va se poser certaines questions et en poser -ce qui s’appelle l’anamnèse- et écouter beaucoup. « Quand je souffre, je suis obligé de me coucher », cela correspond à Magnesia Phos. « Je souffre le matin, je me réveille rouillé », c’est Toxicodendron. « Depuis que j’ai été opéré, en 1976, je ne me suis jamais remis ». Cela s’appelle China. « Depuis que j’ai subi un accident de la route, j’ai ceci qui ne va pas », cela s’appelle Arnica. « Depuis que j’ai eu une contrainte sociale », ce sera Staphysagria. « Depuis que j’ai eu une très vive contrariété », c’est Lycopodium. L’homéopathe tente de relier l’individu à des causes profondes. Il interroge le psychisme. Il se rend compte qu’il y a des ennemis du dehors et du dedans. Les questions surprennent parfois. De quel côté dort ce malade? Supporte-t-il les cols serrés, oublie-t-il des mots en écrivant, aime-t-il la mer, la montagne ? Transpire-t-il de la lèvre supérieure ? Comment réagit-il au temps qui passe ? La musique le fait-il pleurer?

Le médecin homéopathe devient petit à petit un homme de sémiologie, de la science des signes, de la science de l’interrogation. Un bagage qui justifie les quatre années supplémentaires faites après les huit années de médecine. Il aura mémorisé la Matière Médicale de A à Z, en terme homéopathique: de Aurum à Zincum.

L'automédication et ses limites

Lorsque l’on se fait soigner par homéopathie et que l’on s’y intéresse de près, si en plus on lit des livres, des articles, la Matière Médicale, on en vient rapidement à avoir le réflexe de se soigner soi-même. Après tout, les animaux dans la nature sont capables de se soigner, de choisir d’instinct l’herbe dont ils ont besoin. On cherche, on fait ses expériences. C’est en même temps refaire connaissance avec soi-même. C’est retrouver la formule « s’écouter » qui a pris un sens péjoratif. « Il s’écoute » , « elle s’écoute », c’est-à-dire: « il, elle, pense trop à sa santé » . S’écouter est simplement affirmer que notre corps nous appartient.

Cela n’exclut en aucune façon le médecin, mais être capable de se soigner pour un désagrément passager est rassurant. Il faut savoir que l’homéopathie agit rapidement, contrairement à ce que l’on pense, surtout en cas de maladie aiguë. Donc s’il n’y a pas d’amélioration immédiate, il est important de consulter.

Deux remèdes, Lycopodium et Sulfur, ne seront maniés qu’avec une grande précaution, en raison de leur forte action d’élimination des toxines. Un drainage est à prévoir avant leur utilisation.

Les médicaments à haute dilution seront à prescrire par le médecin.

Eviter également d’utiliser l’homéopathie comme l’allopathie, sans tenir compte des symptômes décrits dans la Matière Médicale. Il faut correspondre à 5 symptômes au moins pour correspondre au remède cité.

Les remèdes homéopathiques

Ils sont faits: de végétaux, de substances minérales, de substances animales, de substances d’origine humaine -les nosodes-, de substances de synthèse, de substances telles que poussières de maison, pollen, poils de chats, etc, de remèdes ou vaccins, traités de façon homéopathique,

Ils existent sous forme de granules, de globules, les globules sont plus petits, on prend le tube dans sa totalité.- Une dose-.

On laisse granules et globules fondre sous la langue. Du fait de leur imprégnation subtile les remèdes homéopathiques ne doivent pas être touchés. Les tubes sont conditionnés de façon à pouvoir faire glisser les granules facilement dans la bouche.

Il y a également des gouttes, des suppositoires, des comprimés, des poudres appelées triturations, des ovules, des ampoules buvables ou injectables. Chaque laboratoire a ses préparations pour différents maux, des composés, des complexes, faits à base de plusieurs médicaments.

La dilution homéopathique:

La dilution CH -Centésimale Hahnemannienne-

On dilue 1 volume de la substance naturelle dans 99 volumes d’eau pure ou d’alcool. On obtient la première dilution au 1/100 ou 1ère centésimale hahnemanienne, le fameux CH que l’on voit écrit sur les tubes de médicaments. En répétant la même opération, un volume de 1 CH pour 99 volumes de solvant, on obtient une dilution au 1/100 de la précédente qu’on appelle 2 CH. Et ainsi de suite. Les lettres TM signifient Teinture-Mère, la substance non diluée.

Plus la dilution sera diluée, si l’on peut dire, plus elle agira. Parce qu’il y a dynamisation en plus, c’est-à-dire que la substance a été fortement secouée, ce qui lui donne son énergie. La forte atténuation permet d’employer des substances toxiques, mêmes si elles sont mortelles dans leur état brut.

La dilution K -Korsakov-

Les dilutions s’effectuent dans le même flacon. Les parois sont imprégnées du produit à diluer. Le flacon est complété par du solvant et dynamisé pour obtenir la 1ère K ou 1K. Le flacon vide, les restes de solution sur les parois servent à réaliser la 2e K, et ainsi de suite. On monte jusqu’à la 100.000e K. L’effet clinique est toujours présent, lié vraisemblablement à un effet de nature électromagnétique, le solvant est devenu porteur au fil des dynamisations. Cela permet d’obtenir des remèdes d’action profonde par leur haut potentiel énergétique.

Plus la dynamisation d’un remède est haute et plus celui-ci atteint le côté psychologique de la personne. Ignatia en 5 CH pourra agir par exemple sur un mal d’estomac, et en 15 CH sur un état dépressif. Arnica, le grand remède du choc, agira en 5 CH sur les suites d’un choc physique, et en 15 ou en 30 CH, ou en haute dilution Korsakov, sur les suites d’un choc moral.

Les médecins

Il existe des points de vue différents:

Les médecins complexistes: ils aiment associer plusieurs remèdes lors de la même prise, ce qui provoquera une sorte de synergie entre ceux-ci.

Les médecins pluralistes: ils prescrivent plusieurs remèdes, en alternance, par exemple certains remèdes les jours pairs, d’autres les jours impairs.

Les médecins unicistes: ils ne prescrivent qu’un remède à la fois, dans une dilution de plus en plus élevée, grande subtilité et grande efficacité

- Tootsie

photo sarah barbault

photo sarah barbault

Rédigé par Tootsie Guéra

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