Spasmophilie d’Automne

Publié le 17 Novembre 2012

- Ce mal étrange venu du stress -

Appelée maladie invisible, maladie imaginaire, mal être, mal étrange, syndrome d’hyperventilation ou syndrome tout court, la spasmophilie a des symptômes diffus et aussi vagues que ses diverses appellations. Un trouble de la répartition du calcium est une vérité première. Ou même si le taux du calcium est normal, les cellules ne le prélèvent pas comme elle devraient le faire. Elle sévit en automne de préférence et atteint les femmes en majorité. Même si depuis quelques années on se penche un peu plus sérieusement sur son cas, la spasmophilie reste quelque chose d’insaisissable. Les Américains utilisent le terme de « syndrome d’hyperventilation » puisqu’une personne en crise respire mal et très vite. Ses symptômes varient d’une personne à l’autre : simple fatigue, tremblements des paupières, troubles digestifs, bouffées de chaleur, malaises divers… En cause, en relation avec l’angoisse et le stress, ce que le Dr Sananès, homéopathe, appelle « l’hypertrophie d’information ».

Le terme spasmophilie a été crée en 1966 par le professeur Klotz, grand patron d’hôpitaux en France, et signifie « ami des spasmes ».

Une dysharmonie

Un état très insaisissable apparaît, une brisure du corps, de l’esprit. Tout le système nerveux et musculaire de l’organisme est hyperexcitable aux moindres alertes. C’est l’angoisse dans toute sa signification. La dysharmonie du corps et de l’esprit. Les symptômes les plus caractéristiques sont : des crispations musculaires, des fourmillements, une fatigue sans raison particulière. Et de surcroît viennent des crises de larmes, des angoisses, avec une impression de boule à la gorge, des troubles respiratoires, des palpitations, des crispations au niveau de l’estomac. En plus la libido est en chute libre…

Les spasmophiles sont le plus souvent des sentimentaux, qui ont tendance à intérioriser. Ils taisent leurs émotions et leur corps parle à leur place.

Question au Dr Schwob, spécialiste de la spasmophilie, -auteur d’un livre indémodable : « les 100 visages de la spasmophilie, Hachette »-. « Peut-on parler de maladie de dysharmonie? » « Oui, tout à fait. Lors de certains passages difficiles de la vie, on peut avoir un état brutal de dysharmonie de l’organisme, qui se situe au niveau du système nerveux végétatif. Celui-ci en prend tout le choc. Le système nerveux central, notre pensée, notre réflexion, notre intelligence fonctionnent. Notre système nerveux végétatif que nous ne contrôlons pas, mais qui dirige notre tension artérielle, notre pouls, notre température, notre fréquence respiratoire, s’emballe, et d’un seul coup c’est le déséquilibre. Les hormones de stress se bousculent Là commence la spasmophilie. »

Il m’a donné la plus belle définition de la spasmophilie que l’on m’ait donné : « Les hormones de stress se bousculent …»

Une réaction en chaîne

Le spasmophile pourrait donc être comparé à une balance qui réagirait au gramme près alors qu’il lui suffirait de réagir au kilo près. Notre cerveau est une centrale qui recueille les informations et va donner des ordres coordonnés. Si le cerveau reçoit trop d’informations, cette centrale se mettra à mal fonctionner, à ne plus faire un tri bien clair, bien net, et à renvoyer des messages désordonnés dans le corps. Il y a une sorte d’auto-stress, d’où la fameuse chute de magnésium liée à la spasmophilie -le stress entraîne un déficit en magnésium-. Le désordre apparaît au niveau du système neuro-végétatif, et les hormones de stress se mettent donc à se bousculer… Une sorte de chaîne en boucle s’entretient, ce qui est une des grandes caractéristiques de cet état. L’adrénaline, hormone de vigilance, est sécrétée de façon exagérée. Dans cet état excessif, cette hormone devient parasite et pathologique. Tout devient « hyper », en fait. La surabondance d’oxygène liée à l’hyper-respiration superficielle provoque une alcalose dans le sang, une baisse de l’acidité normale. Trop de sang afflue sur les organes – et de surcroît il s’agit de sang de mauvaise qualité- et annule leurs possibilités de défense. Le taux de calcium chute. Il y a hyper-excitabilité neuromusculaire. Tout est en place pour la crise.

On n’est pas spasmophile, on « fait » de la spasmophilie. Ce n’est pas une maladie, mais un syndrome, une affection caractérisée par plusieurs signes. Pour le Dr Schwob encore, nous ne sommes pas spasmophiles comme nous pourrions être diabétiques, nous ne sommes pas d’un tempérament spasmophile, mais nous sommes prédisposés à faire des épisodes de spasmophilie. Le terrain est là, propice, mais la dysharmonie ne surviendra qu’à la suite d’événements précis : chocs, surcharges de tout, examens, voire croissance trop rapide de l’adolescent. Les surprises de la vie, les déraillements des choses logiques, les fatigues accumulées, sont des facteurs déclenchants. Les saisons, les changements de lune, les équinoxes, ont leur rôle à jouer également..

Les symptômes d’un mal être

La spasmophilie peut rester latente pendant des années, l’ un ou l’autre des symptômes se manifeste de temps à autre, et puis tout à coup, un stress particulier, du surmenage, elle devient alors ce que l’on appelle décompensée. C’est la crise, tous les symptômes sont au rendez-vous avec l’impression que l’ on va mourir dans les minutes qui suivent. La tétanie est le paroxysme de la spasmophilie. On en a surtout parlé avant de bien définir la spasmophilie. Là les crampes conduisent à une tétanisation des membres et de la mâchoire, et il peut même y avoir une perte de connaissance.

La personne spasmophile souffre autant du manque de compréhension rencontré parmi le corps médical que des troubles indéfinissables de ce syndrome. « Vous êtes en parfait santé » peut-on lui dire à la suite d’examens. Comment être en parfaite santé et faire de la spasmophilie ? Le terme de bonne santé défini par l’organisation mondiale de la santé correspond à un état de bien-être physique et psychique. Une personne qui suffoque tout à coup, ressent une boule au fond de la gorge, un nœud à l’estomac, a des vertiges, des palpitations, des fourmillements, mal au ventre, sent ses mains trembler ou se raidir, a la tête vide, ne peut plus penser ou alors pense qu’elle a perdu la raison et que de toute façon elle va mourir dans les instants qui suivent, ne vit pas un parfait bien-être. En plus un sentiment de culpabilité peut se faire sentir, suite au « verdict » : « Vous êtes en parfaite santé. » Et certains spasmophiles non identifiés finissent par se terrer chez eux.parce qu’ils ne savent plus où ils en sont de leur vie.

Les femmes d’abord

De façon générale, les femmes sont plus concernées par la spasmophilie que les hommes, surtout dans nos pays industrialisés. Femme au travail et femme au foyer, être parfaite partout... La moindre anicroche, et c’est trop. Le système prémenstruel est également un moment critique. Beaucoup de femmes peuvent être très dérangées, au moment de leurs règles, par des bouleversements hormonaux. Dans les jours qui précèdent, une baisse brutale des oestrogènes se produit, alors que la progestérone descend progressivement. Ce déséquilibre va entraîner des perturbations multiples, sanguines, psychologiques. Et l’on retrouve alors les signes de la spasmophilie, les mêmes hormones en déséquilibre, les mêmes malaises, le même état de mal-être. Les céphalées dont se plaignent les femmes à ces moments-là peuvent être des signes de spasmophilie. Au moment de la ménopause, où un nouvel équilibre hormonal est en cours, la spasmophilie guette de la même façon.

On parle de plus de 80 000 spasmophiles en France. Il y a vingt ans, 80 % des spasmophiles étaient des femmes. Les chiffres ont tout de même un peu changé maintenant, les hommes nous rattrapent, on parle de 66 % de femmes, donc de 34% d’hommes. Par contre les femmes sont toujours largement en tête en ce qui concerne la décompensation, les hommes peuvent rester indéfiniment dans un état latent

Dans les pays où les femmes sont au champ à longueur de journée, elles ont certainement d’autres maladies, mais elles ne connaissent pas cette maladie-là, ce syndrome-là..

Spasmophilie d’automne

C’est la saison de prédilection de la spasmophilie. Les arbres perdent leurs feuilles, nous aussi nous perdons nos feuilles. Il y a beaucoup de nervosité dans l’air, tout se bouscule, même les êtres humains, pourquoi les hormones de stress ne se bousculeraient-elle pas? Les spasmophiles sont très sensibles à l’ambiance. C’est à ce moment-là que la spasmophilie peut se décompenser. La baisse de lumière fait le reste. Chute de la sérotonine - qui fait office de médiateur de l’activité du système nerveux central- ce qui rend plus dépressif. Et puis les fameux équinoxes… Le Dr Schwob en parle dans son livre. Celui d’automne n’est pas tendre. L’équinoxe de printemps –mars- est un moment où les défenses immunitaires de l’organisme ont été usées par l’hiver, il y a une période de faiblesse, de fragilité, et donc de risques de spasmophilie. On retrouvera des crises aigues, qui peuvent être renforcées par des phénomènes d’allergie. Mais l’équinoxe d’automne –septembre- est un équinoxe d’anticipation. L’hiver arrive. En plus, Il y a la fin des vacances, la rentrée des classes, la reprise du travail, c’est la rentrée en tout. On reprend ses problèmes là on les a laissés le temps d’une trêve, et ils ne sont pas résolus. Une forte poussée de spasmophilie suit. Puis le spasmophile arrive à Noël, au point le plus bas de l’énergie terrestre, en étant très amoindri. Beaucoup de femmes -et même les hommes se le permettent maintenant- pleurent pour un rien juste à ce moment où tout semble aller vers la fête. Pour Madeleine Gesta, appelée diététicienne des stars, ce n’est pas un hasard si l’on s’offre des chocolats à ce moment de l’année, bon mélange calcium magnésium.

Le signe de Chvostek

Comment savoir si l’on est spasmophile ? Puisque certaines troubles indicatifs de la spasmophilie peuvent être liés à d’autres pathologies : problèmes cardiaques, thyroïdiens, neurologiques, dépression, il est d’autant plus important de consulter et d’investiguer. En cabinet, si votre médecin vous soupçonne d’être spasmophile, il recherchera ce que l’on appelle le signe de Chvostek. Il procédera à un test en vous percutant la joue avec un marteau à réflexe sur le trajet du nerf facial, allant du lobe de l’oreille à la commissure des lèvres. Vous garderez les lèvres entre ouverte. En état de spasmophilie, votre système nerveux est excitable, la lèvre du côté du marteau réflexe se relèvera sans que vous en ayez conscience. Si vous réagissez à ce test alors que vous ne présentez aucun malaise, vous êtes en terrain favorable, le moindre choc émotionnel pourra faire apparaître une crise.

Que faire en état de crise ?

Avant tout, essayer de se relaxer. Si l’on est seul, téléphoner à une personne amie ou à son médecin. Le Dr Schwob encourage ses patients à l’appeler en cas de crise : « Le simple fait de pouvoir parler à quelqu’un pendant deux minutes pourra aider ». Si une autre personne est présente, elle pourra appliquer des compresses chaudes sur la gorge, tapoter visage et thorax de la personne en crise. Pour le Dr Schwob, un comprimé de calcium effervescent peut être pris sans danger, autant pour son action correctrice du sang que pour son action sédative. A défaut, un yaourt géant ou un grand verre de lait . Et, si possible, une ampoule de magnésium, en oligo élément,.ou Magnesia Phos en 5 ch, trois granules, pour aider à bien repartir.

Dès que possible, faire une friction de la plante des pieds avec de l’huile essentielle de mandarine.

Pour ou contre le sac en plastique, dont on a beaucoup parlé ? Puisque la crise de spasmophilie s’accompagne d’une surabondance d’oxygène dans le sang, on recourt fréquemment à ce sac en plastique, dans lequel le malade respirera son propre gaz carbonique, ce qui fait effectivement baisser son taux d’oxygène. Mais on peut ne pas être partisan de cette méthode. La personne en crise se sentira plus isolée, alors qu’elle a au contraire besoin de communication. De plus, le Dr Schwob fait remarquer que les enfants assistant à cette scène peuvent la voir comme un jeu et essayer de reproduire un jour. Mieux vaut recourir à une seconde méthode : calmer la respiration en se bouchant le nez. Résister le plus longtemps possible, recommencer 2 à 3 fois. Cela fait baisser le taux d’oxygène dans le sang, met le cœur au repos. Au bout de quelques minutes, les impressions de vertige, les palpitations, les fourmillements se calment.

Comment se soigner

L’homéopathie

L’homéopathie est une médecine de terrain, de prévention, elle sera en première ligne du traitement de fond de la spasmophilie, puisqu’elle ne se contente pas de traiter les symptômes apparents, mais qu’elle s’occupe du malade d’une façon globale. Elle permet de faire rapidement, dans un premier temps, du spasmophile décompensé un spasmophile latent. Pour le Dr Sananès, le mode d’action du remède homéopathique : « Un accord entre le malade et son remède ». La plus belle compréhension de l’homéopathie qui puisse être… On peut rêver de cette définition des jours et des jours. Cet accord palie au désaccord de l’organisme du spasmophile.

Autre point très important, et peut-être le plus spécifique de l’homéopathie, Hahnemann l’a dit déjà dans son Organon: “ L’homme est capable d’auto-régulation ”. Dans d’autres médecines on n’en tient pas compte, on pense que l’ homme n’est plus capable de se défendre lui-même, et on donne un médicament qui se substitue à sa capacité de réaction. Le médicament va tuer le microbe, mais après…

En homéopathie, on « est » un médicament. On correspond aux symptômes de ce médicament. Nous sommes un, nous et notre remède de base. Nous trouvons l’accord avec notre remède. La Matière Médicale nous livre ces symptômes communs. Je suis restée fidèle à celle de Léon Vannier et Jean Poirier, un peu défraîchie à force de figurer sur ma table de chevet, mais tellement fraîche, pleine, et vraie.

Ignatia semble en parfait accord avec les symptômes de spasmophilie. Il est donné le plus souvent en 9 ch pour cet état-là, 3 granules 2 fois par jour, et de préférence aux heures Ignatia : 11h et 18 heures. Ce remède correspond à une personne ayant des sensations d’étouffement, une hypersensibilité, aussi bien nerveuse qu’ émotive, une impression fréquente de boule dans la gorge. Dépression mentale après chagrin, contrariétés, ou surmenage nerveux considérable. Angoisse qui empêche le sujet de parler, de s’exprimer clairement. Emotivité exagérée. Mélancolie et tristesse, tendance à se chagriner en silence. Spasmes des paupières. Bourdonnements d’oreilles par le bruit et la musique Humeur changeante, le sujet en osmose avec Ignatia passe brusquement de la tristesse la plus grande à la joie la plus exubérante.

Les aggravations des symptômes de ce remède arrivent par le chagrin et les émotions, le froid, le contact, les odeurs violentes, le tabac, le café, l’alcool.

Puis se trouve Cocculus, dans les premières urgences . Le Dr Horvilleur le donne en 9 ch. : trois granules de cinq minutes en cinq minutes, puis de quart d’heure en quart d’heure, suivant l’évolution des choses.

Cocculus a dans ses symptômes : une faiblesse extrême, paralytique, s’accompagnant d’un état nauséeux et de vertiges. Une faiblesse mentale, le malade répond lentement, a de la difficulté à s’exprimer et à parler Triste et extrêmement irritable, il ne peut supporter le moindre bruit, la moindre contradiction, la moindre secousse, le moindre mouvement. Tête vide avec faiblesse extrême des muscles du cou, telle que le malade ne peut maintenir la tête droite et doit la soutenir et l’appuyer.

Nous sommes dans les excès insurmontables, les extrêmes de la spasmophilie.

Le Dr Horvilleur m’a soignée à une période de grand désarroi – et de spasmophilie- alors que je me trouvais non loin de chez lui, Lyon. J’avais fait sa connaissance peu de temps avant à Paris, lors d’une rencontre médecins et journalistes, concernant l’homéopathie. Petite anecdote, je lui avais parlé ce soir-là de « Céphalée » merveilleuse nouvelle de Julio Cortazar, où il est beaucoup question d’homéopathie. Il m’avait remercié par la suite de lui avoir fait connaître ce merveilleux texte… « Ma vie a changé depuis que je l’ai lu » m’a-t-il dit mot pour mot un jour au téléphone. Là, cette année-là, j’avais rejoint mon mari, qui travaillait sur un film, près de Grenoble. C’était la fin de l’été et la fin d’un couple. J’ai pris le train pour Lyon. Le Dr Horvilleur m’a effectivement prescrit en tout premier lieu Cocculus. Il a bien sûr cherché mon remède de fond. De plus, chaque personne a, en homéopathie, sa constitution propre. Investigation approfondie. Ma vie a changé… Je n’ai plus jamais eu de crises de spasmophilie après son traitement.

Indispensable acupuncture

L’acupuncture est présente là aussi, fait partie de la vie sans le savoir Est en première ligne de tout rééquilibre. La médecine chinoise est d’une grande complexité et d’une précision sans faille. Son approche de l’homme est holistique. Elle ne sépare pas l’homme de son environnement naturel et affectif. Son action première est de rééquilibrer, elle a son action sur les extrémités nerveuses, donc est bien à sa place en spasmophilie. Elle sera pratiquée, en cas de spasmophilie ou décompensée ou latente, lorsque les symptômes se manifesteront le plus. Elle permettra donc d’éviter les crises.

La notion d’énergie fait toute le fondement de la médecine chinoise. L’acupuncture tient compte du souffle qui anime la vie, de l’énergie primordiale. Nous sommes parcourus par cette énergie humaine, appelée chez les Chinois “Qi” ( tchi) et chez les Indous “prâna”. Une force vitale qui nous traverse via les méridiens, nos canaux d’énergie. Tout déséquilibre de cette énergie va provoquer un “embouteillage” du yin et du yang avec des excès, des vides, des ralentissements énergétiques qui se traduisent par des douleurs, des contractures, des crises d’éternuements, des insomnies, qui petit à petit se transforment en une maladie bien installée. La spasmophilie se reconnaît dans ces symptômes.

L’aromathérapie: se soigner comme on respire

Une première façon de soigner sa spasmophilie peut être tout simplement de respirer une huile essentielle, la lavande, par exemple, antispasmodique puissant, décontractant musculaire.

Autre usage, les onctions, qui donnent de grands résultats. Une huile essentielle fait le tour de l’organisme entre 20 et 45 minutes, puis elle est éliminée après avoir atteint les endroits où elle doit aller. Masser les points où se situent les crampes, les spasmes, et penser aux barrières énergétiques, creux des poignets, du coude, penser à la nuque, ne pas oublier le bout des doigts lorsqu’il y a danger de crise. La plante des pieds est un merveilleux moyen de faire pénétrer les huiles. On ne les utilisera jamais pures, mais diluées dans de l’huile végétale, à raison de 5 ml d’huile. L’huile de sésame sera un parfait véhicule pour les huiles essentielles.

La mandarine : antispasmodique, relaxante, hypnotique léger, très indiquée pour la spasmophilie, parfaite pour utiliser sous la plante des pieds. Mais attention, pas de soleil ensuite, car elle est photo sensibilisante.

La lavande : anti spasmodique puissante, décontractante sur un plan musculaire, calmante, sédative, hypotensive.

L’angélique : sédative, répond à l’anxiété et aux troubles abdominaux

Le basilic et l’estragon : deux puissants antispasmodiques qui, tous deux, portent dans leurs indications « spasmophilie ». Ils correspondent à une situation déjà nettement plus établie.

La verveine citronnée : si l’impression de dépression domine.

La menthe poivrée : que l’on pourra même absorber sans danger à raison d’une goutte après le repas, pour que le coup de fatigue ne dévie pas.

A titre préventif : après la douche ou le bain, onction de lavande sur la plante des pieds et sur le plexus solaire.

Les éléments indispensables : oligo-éléments

Le magnésium reste l’allié numéro un du spasmophile, puisqu’il favorise la décontraction musculaire. Il permet de lutter contre l’asthme, donc augmente les capacités respiratoires. Le déficit favorise l’oppression, et peut donner le départ des premiers signes de spasmophilie : crises de larmes, tremblements des paupières, crispations.

Le zinc intervient dans le fonctionnement de certaines hormones –insuline- qui contribuent à régler l’utilisation des sucres, et stimulent donc le fonctionnement du système de défense de l’organisme.

Le sélénium stimule le système immunitaire et joue un rôle de protection du système cardio-vasculaire.

L’iode régularise la thyroïde. Celle-ci produit une hormone, la thyroxine, qui joue un rôle important dans la désintoxication de l’organisme et la circulation du sang. Et la thyroïde joue un rôle fondamental dans le fonctionnement des neurotransmetteurs.

Le lithium est sédatif et a une action bénéfique sur l’humeur.

Le manganèse, associé au cobalt, est un grand réducteur de spasmes et de douleurs diffuses.

Le cuivre, l’or et l’argent agissent sur les états dépressifs.

Les fleurs de Bach

-Les fleurs du stress-

Les plantes, les fleurs, ne vivent pas dans la détresse, mais dans l’unité avec la nature. La détresse vient de nos pensées, de nos idées mentales. Nous nous empoisonnons la vie parce que nous sommes déconnectés de la nature. Les fleurs de Bach nous permettent de nous remettre en harmonie avec le monde naturel, végétal et avec nous-mêmes.

Le Dr Edward Bach, médecin anglais né à Birmingham en 1886, a utilisé les plantes, les fleurs, les écorces d’arbres, pour rééquilibrer le côté psychique de la personne, partant de l’idée, encore peu usitée alors, que la maladie est d’abord psychique avant d’être physique. Il affirmait que la personnalité du malade était plus importante que la maladie elle-même.

Il recueillit 38 essences de fleurs, qui selon lui devaient traiter les états émotionnels, responsables de nos maladies physiques. Il classa les émotions en 7 groupes: peur, hypersensibilité aux influences et idées des autres, solitude, doute, souci excessif du bien-être d’autrui, désintérêt, abattement, désespoir.

La 39e préparation, faite de 5 plantes, est une composition fabuleuse de plusieurs plantes portant le nom de Rescue remedy, ou remède de secours. Celui-ci recolle les énergies éparpillées par un choc, un stress, une douleur, une dispute, et peut être employé sans problème. Un très grand nombre d’Américains l’ont dans leur sac. Il pourra être le premier remède de secours d’un spasmophile, en attendant de trouver son remède, son essence d’émotion..

L ’ostéopathie: l’art de soigner les méfaits du siècle

L’ostéopathie est au rendez-vous, comme dans tout ce qui est chancelant, en rééquilibrant l’organisme de façon générale. On ne s’attarde pas, dans le cas de la spasmophilie, à l’ensemble des troubles dont se plaint le patient, mais à leur origine, donc au dérèglement de l’organisme, et surtout du système neuro végétatif et neuro endocrinien qui travaillent en synergie. On peut travailler sur l’hyper excitation du système nerveux par l’ostéopathie crânienne, qui rééquilibre les échanges circulatoires et neurologiques. - On parle souvent d’ostéopathie crânienne. Pour les ostéopathes, il y a l’ostéopathie tout court, qui traite toute la matière vivante. Mais si l’on commence par «le crânien», c’est parce que cela représente l’ordinateur central de tout le corps.-

Un ostéopathe, qui agit comme un ingénieur ou un horloger, ne traite pas un symptôme, une maladie, mais une personne dans sa globalité. Il existe une différence avec d’autres méthodes de manipulations vertébrales: Les ostéopathes ne remettent pas simplement en place, ils remettent en mouvement. Une chose importante pour eux est ce qu’ils nomment le dialogue avec les tissus.

L’ostéopathe soignera également la souffrance émotionnelle. Pour un ostéopathe, les personnes disant « je suis fatigué », à travers le langage du corps disent, « je ne suis pas aimé, je ne suis pas heureux, je ne suis pas compris, pas secondé, je suis seul, je suis malheureux, j’ai mal. Et il y aura des colites, des douleurs articulaires, on fera un lumbago, un torticoli, et de la spasmophilie.

Pour Robert Kriwin ostéopathe D.O. interviewé à Bruxelles, beaucoup de gens « coupent leur tête de leur corps », au sens symbolique et au sens physique aussi, puisque tout se passe dans la tête. Ils pensent que le corps est à leur disposition, il va faire ce qu’eux veulent. C’est comme si c’était leur secrétaire, leur chauffeur. Ce sont des gens qui doivent faire, agir. Ils refusent de se rendre compte que ce corps c’est eux, certains se font attraper par lui, et par les ulcères, les maladies cardio vasculaires importantes, les cancers.

La relaxation: retrouver la force intérieure

Pour le Dr Schwob encore, c’est la base même de tout traitement. La relaxation permet de libérer les spasmophiles de l’enchainement tension musculaire tension psychique et va leur apprendre à connaître leur corps et à le détendre à leur convenance.. Nous avons à notre disposition une panoplie de méthodes qui vont vers la recherche de l’harmonie, qui souvent ont été reprises de la sagesse orientale, qui sollicitent la force intérieure, ce que nous avons trop oublié.

Pour lui il est important de bien repérer les éléments déclenchants de la crise. Et d’utiliser alors une méthode de relaxation enseignée, pendant quelques minutes..

La psychothérapie: élever le seuil de résistance aux contrariétés

Ce seuil trop bas de résistance aux contrariétés est un des problèmes du spasmophile. Combattre l’hyperémotivité évitera la décompensation sous forme de crises. Pour Anne Quintin, psychologue et sexologue, il est très important de ne pas voir la spasmophilie uniquement sur un plan médical. « .Je pense qu’il y a une sorte d’échelle, qui va de très très physique à très très psychologique, et les gens si situent sur cette gradation. Si c’est très psychologique, il ne faut pas soigner uniquement sur un plan médical et inversement. L’idéal serait de voir réunies les deux méthodes. »

Pour elle remonter à l’enfance s’impose. « Si la personne a été oppressée, a subi des abus sexuels, par exemple, elle a été tellement paralysée psychiquement qu’elle peut retrouver une sorte d’immobilisation, de tétanie. On peut améliorer la manière dont on se situe face à toute maladie. Les gens qui ne se sentent pas bien dans leur peau ont tendance à se laisser aller à la maladie, ce qui leur permet de régresser un peu. Quand on se sent bien, on lutte plus facilement. »

Les alliés inséparables: yoga et do in

“La perte de contrôle, c’est cela la spasmophilie » m’a expliqué Benoit de Pierpont, professeur de yoga, il y a quelques années. « Il s’agit de ne pas perdre les pédales, de jouer avec la respiration, de faire en sorte que la crise soit plus légère, ou de ne pas entrer dans la crise si possible. Il y a l’apprentissage de la détente, et il y a savoir utiliser la respiration, ne plus la vivre comme quelque chose d’anarchique. Je ne conçois pas le yoga comme une chose à part, mais avec les autres choses, dans l’accompagnement C’est une approche qui prépare un terrain qui répare. Je dis aux gens qui viennent au cours pour la première fois: “ Vous venez à un cours de langue , vous venez apprendre à parler à votre corps ” .

Le do in, d’origine japonaise, -do=la voie, in=ouvrir, s’ouvrir à ce qui est autour de soi- est un auto massage qui stimule les points d’acupuncture. Par des gestes d’une grande simplicité, qui s’apprennent très vite, nous pouvons établir le contact entre l’énergie qui est partout, et nous, qui sommes des utilisateurs d’énergie. Yoga et do in sont très proches. “ Tout ce qui est auto massage signifie aussi parler au corps , explique encore Benoit de Pierpont. Lorsque l’ on fait du yoga , on le fait avec la voix, lorsqu’on fait du massage, on le fait avec la main. Je ne conçois pas l’un sans l’autre, surtout dans un cas comme la spasmophilie. Il ne s’agit pas de bouger, de dynamiser des choses, mais d’apaiser ”

Manger pour mieux vivre

Les spasmophiles ont trop d’acidité dans le corps. C’est souvent parce que les aliments sont mal adaptés entre eux qu’ils en créent. La viande, très acide, fait mauvais ménage avec des aliments doux comme la pomme de terre. Le steak frites vient hélas en tête des mélanges surlfureux. .Le broccoli est le légume miracle du spasmophile. Outre sa grande teneur en calcium, il rééquilibre l’acidité de l’organisme.

Les fromages, les yaourts, fromages blancs seront présents tout au long du jour, pour ceux qui en sont partisans. Pour Madeleine Gesta, un coup de téléphone un peu animé, et on a perdu son calcium. Pour le magnésium, il est en quantité importante dans les céréales, et dans le chocolat. Ecouter son corps, qui sait ce dont il a besoin. Une envie de lait ou de camembert peut être un besoin de calcium, une envie de chocolat un besoin de magnésium.

Consommer des céréales germées, les plus grandes amies des spasmophiles. La graine décuple toutes ses propriétés pendant la germination. Explosion de vitamines, d’acides aminés, d’oligo-éléments. La plus simple à faire germer est celle du tournesol, qui peut se consommer après quelques heures de trempage. Magnésium, calcium, phosphore, potassium, cuivre, cobalt, iode, zinc, sont au rendez-vous.

Pour le Dr Schwob, la première règle est qu’il ne faut pas sauter un repas. L’organisme a besoin d’une alimentation régulière dans la journée. On retrouve ces conseils dans « les 100 visages de la spasmophilie ». Ne pas sauter un repas. Le repas du matin corrige l’hypoglycémie de la nuit. Celui de midi permet de soutenir son effort au travail, celui du soir restaure l’énergie dépensée dans la journée. Un petit goûter est recommandé, le spasmophile étant souvent en hypoglycémie en fin d’après midi. Fruits, miel, laitages ou produits du soja pourront être conseillés.

-Tootsie

PS 1 Portrait du stress

Le stress n’est pas uniquement l’agression que nous subissons, mais surtout notre manière d’y résister. Le mot stress vient du latin “ stringere ” , étrangler, resserrer, serrer, lier. Une personne utilise pour y faire face des défenses mentales, qui mettent en route des défenses psychophysiologiques.

Deux chercheurs, Holmes et Rahé ont établi une échelle d’évaluation de 43 événements stressants, en les notant de 1 à 100. Curieusement, les facteurs de stress ne sont pas uniquement des événements dramatiques et angoissants, mais aussi des événements gais et palpitants. Par exemple: Séparation : 63. Mariage: 50. Perte d’emploi: 47. Réconciliation avec le conjoint: 45. Grossesse: 40. Difficultés sexuelles: 39. Démêlés avec son patron: 23. Modification des conditions de vie: 25. Succès personnels éclatants: 28. Hypothèque ou prêt supérieurs à un an de salaire: 17. Noël: 12. Infractions mineures à la loi: 11.

PS 2 : Interview du Dr Anne Gonze, homéopathe à Bruxelles, qui se penche sur la spasmophilie.

- Y-a-t-il des choses nouvelles, ces dernières années, concernant la spasmophilie?

- Oui, on pense davantage à faire un petit soutien psychologique aux patients, parce qu’ils sont très anxieux. Un médecin généraliste peut le faire lui-même d’ailleurs. Il y a aussi des exercices de kiné respiratoire, qui parviennent à enrayer la crise en régularisant l’oxygénation.

- Et au point de vue médical?

- Je suis homéopathe, donc le traitement de fond est important. Il y a la régulation métabolique du calcium et du magnésium à revoir. Un examen est fait pour vérifier si l’acide gras est en équilibre, chez les gens spasmophiles.

- Est-ce que certaines personnes venant vous consulter prennent déjà des médicaments?

- Souvent elles ont pris du calcium, du magnésium, de la vitamine D et parfois un calmant.

- Que vous arrivez à éviter?

- Pas forcément, pas dans l’immédiat. Certains spasmophiles ont un grand fond d’anxiété et ont peur de quitter des médicaments, c’est une rééducation. Il s’agit de redonner confiance. Faire lire des livres sur la spasmophilie est un des points tranquillisants.

- En combien de temps, lorsque des examens ont été pratiqués, une personne peut-elle se sentir mieux?

- Normalement en un ou deux mois, surtout si l’on trouve le traitement homéopathique de base. En période de stress il peut y avoir rechute, mais il peut se passer souvent six mois, un an, sans recrudescence de crise.

- Il y a quelques années on disait que la spasmophilie n’était pas héréditaire, on commence à dire le contraire maintenant.

- Il est certain que les systèmes enzymatiques sont en partie héréditaires. Certaines personnes ont un métabolisme bien meilleur que d’autres. La mentalisation a de l’importance, si elle a été mal faite dans l’enfance, au moment de la construction émotive, les faiblesses métaboliques vont apparaître davantage. Chez certains patients où le versant émotif est très important, une vraie thérapie est conseillée.

Photo Newine Béhi

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Rédigé par Tootsie Guéra

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Marie-France 08/05/2017 12:45

Un article très intéressant sur lequel je suis tombée en me renseignant sur cet état; car j'ai l'impression "d'être spasmophile" suite une période de gros stress (maladie). Je vais consulter un homéopathe justement. Merci pour cet article.

ma vie bio 12/05/2014 17:28

Je trouve que ton blog est très joli et tes billets très bien. Je reviendrais te lire avec plaisir

ma vie bio 06/07/2014 16:25

Merci , "ma vie bio" - avec retard, mais je travaille beaucoup à un gros livre- . Ton mot était très très gentil, cela fait chaud au coeur. Là je viens de mettre un sujet sur la kinésiologie, si cela t'intéresse. Moi oui, bien sûr, depuis longtemps, c'est une méthode tellement en subtilité.

Avec mes meilleurs messages

Tootsie